Lève-toi et marche

« Résiste, prouve que tu existes », chante France Gall en appellant à une saine résistance face à l’embrigadement, à la contrainte, à la fatalité… Mais la résistance dont il est question ici est tout autre : appelons-la « peur du changement » ou encore « l’inertie comme art de vivre » ;-)

La vie est flux

Qu’est-ce qui caractérise la vie sinon le mouvement, la transformation, l’évolution, les flux d’énergie, le
changement, quoi ! Nous naissons pour grandir, pour mûrir, à chacun de nos âges correspondent des
étapes, des envies, des défis, des possibilités, des aventures.

Pour organiser notre temps, notre espace, nos comportements, nos rencontres, nos communications,
nous avons mis en place, consciencemment ou inconsciemment, des routines qui donnent un sens,
une orientation, sinon une signification, à notre action et parfois même à notre présence sur cette
planète.

La routine s’installe

Ou plutôt : nous nous installons dans la routine. Ce qui est une bonne chose d’ailleurs : imaginez
comme ce serait énergivore de réinventer chaque jour notre vie de fond en combles ! Mais la routine
peut devenir aussi limitante et sclérosante si nous oublions de l’actualiser au jour le jour pour accompagner

les évolutions subtiles de notre environnement, de nos conditions de vie, de nos partenaires,
de nos amis et nos collègues, des demandes qui nous sont faites…

Mais voilà… il arrive que nous résistions, parfois avec la dernière énergie, parfois même jusqu’à la
faillite totale, à modifier nos routines. Tant que nos manières de faire, de penser et d’être produisent
un résultat qui reste tolérable, nous les répétons, nous nous accrochons à nos repères, à nos certitudes,
à nos stratégies rôdées, etc., et ce, même au prix de grandes frustrations de soi et des autres,
de conflits ouverts ou larvés, d’incohérences manifestes, de mal-être physique et psychique…

Ça ne marche pas mais j’aime ça !

Comment se fait-il que nous nous obstinions dans des schémas obsolètes ? Comment se fait-il que
nous ne consentions pas à leur réactualisation ?

Mais parce que ce n’est pas si simple d’effectuer ce changement ! Parce que la force de l’habitude nous
ramène dans le même sillon, parce qu’aussi, nous avons souvent une capacité étonnante à tolérer une
certaine médiocrité : nous ne valons pas mieux que cela, n’est-ce pas ?

Pour peu que nous ayons des croyances sur la « normalité » de la souffrance dans notre vie, sur
l’impossibilité de modifier notre « personnalité » ou notre « destin », pour peu que nous pensions que
ce qui nous arrive est de la faute des autres ou des circonstances, nous avons là des « parce que »
convaincants, argumentés qui, preuves à l’appui, confirment la fatalité de notre situation et… et rien :
la vie continue, elle est juste un peu plus grise chaque jour…

Mais là, j’aime moins ça…

Il faut souvent atteindre un point de non-retour pour se décider enfin à agir : c’est le conjoint qui vous
quitte, le bilan médical inquiétant, la rupture de relations avec un tel, les difficultés professionnelles
ou financières graves…

Nous cherchons alors souvent des solutions miracles : LE stage, LE produit, LE gourou, LA technique,
attendant la formule magique qui nous transformera d’un coup… Mais le plus souvent, comme toute
notre attention se focalise sur le problème, nous ne faisons que nourrir ce problème de notre énergie.
Il devient même une manière de nous définir (« je suis une victime »)… Et ainsi nous accumulons un
peu plus de « parce que », et la routine du mal-être continue…

Aller vers plus de joie

Le changement inquiète parce qu’il bouleverse les repères, parce qu’entre le moment où nous lâchons
prise sur une manière de faire et celui où nous en maîtrisons une autre, nous vivons beaucoup
d’émotions. Nous avons le plus souvent peur de perdre, d’échouer, et même parfois de réussir, peur
d’être jugé, peur de nous responsabiliser, de rencontrer vraiment les autres, d’être intimes avec nousmêmes et avec eux.

Pourtant, et c’est la stratégie que proposent la plupart des disciplines, n’importe quel art peut être
maîtrisé en consentant à un apprentissage graduel. Il s’agit donc, quelque soit la taille du changement
désiré, de savoir ce que l’on veut, et sans cesse le préciser, découper le chemin en petits pas, faire un
pas par jour (soit 365 par année)

Nous pouvons décider de nous accompagner de croyances qui nous stimulent :
• Parce que c’est être hors la vie que de rester dans l’inertie.
• Parce que c’est manquer singulièrement de gratitude envers le privilège que nous avons d’être
vivants
• Parce qu’il n’y a finalement aucune justification valable à l’entretien du malheur.
• Dans ces newsletters, j’écris tous les mois la même chose : lève-toi et marche, ce mois-ci ne fait
pas exception 😉

Sylvie Baille