Se dés-infantiliser

Tous les coachs vous le diront : le plus difficile dans une relation de coaching, ce n’est pas d’accompagner l’adulte dans son evolution professionnelle ou personnelle, mais bien de composer avec des résurgences d’infantilisme.

Pas facile en définitive de faire le tri dans nos comportements entre ceux qui relèvent de l’enfance (être tout-puissant et tout-jouissant, sans limites) et ceux qui relèvent de l’âge d’adulte (mettre en
œuvre ses talents et son intelligence en ayant conscience des responsabilités et aussi des contraintes inhérentes à l’environnement).

La société de consommation flatte souvent notre propension à nous infantiliser: se faire plaisir est devenu un credo, comme s’adonner à des loisirs régressifs ou utiliser son temps de cerveau disponible à visionner des émissions puériles, ou encore traiter de sujets graves avec légèreté ou de sujets frivoles avec un grand sérieux… Pourquoi pas, me direz-vous, bien sûr, vous répondrais-je, le problème, à mon avis, serait de ne se contenter que de cela.

Être adulte est devenu synonyme d’être vieux (le tabou de notre époque), dépassé, ennuyeux… Ce n’est pas en effet très engageant comme perspective… Mais est-ce que stagner dans des comportements infantiles est plus inspirant ?

Je suis infantile :

  • Quand je me conduis comme une enfant alors que depuis longtemps j’ai cessé de l’être.
  • Quand je refuse de voir les choses telles qu’elles sont et me complais dans une vision magique du réel.
  • Quand j’estime que le monde me doit quelque chose. Par exemple, quand je pense que les autres devraient changer pour me plaire, pour m’éviter l’effort de me positionner clairement.
  • Quand je me réfugie dans la nostalgie du passé ou dans le rêve d’un futur sans consistance pour fuir les responsabilités qui m’incombent ici et maintenant au présent.
  • Quand je ne respecte pas mes engagements.
  • Quand ma parole ou ma signature n’a plus de valeur.
  • Quand je considère que je mérite un traitement de faveur ou que les règles communes ne s’appliquent pas à moi.
  • Quand je m’aveugle sur les conséquences de mes actions ou de mes paroles.
  • Quand je traite les autres comme des fournisseurs, au service de ma propre satisfaction, sans tenir compte de leurs propres besoins ou limites, ou du cadre particulier de la relation.
  • Quand je me trouve incapable d’accueillir et de fonctionner avec la différence de l’autre.
  • Quand je me montre rebelle à toute forme d’autorité, luttant encore et toujours contre des « parents », plutôt que de développer en moi une réelle autonomie de réflexion et d’affirmation.
  • Et, surtout, quand je me victimise, rejetant sur les autres l’impuissance que je ressens à prendre vraiment ma vie en main.

Oui, cela m’arrive. Et je pense que c’est aussi normal que d’avoir en soi ces dynamiques de régression. Mais tout dépend de l’intensité et de la récurrence avec lesquelles je les manifeste…

Je gagne en maturité :

  • Quand je cherche à avoir une plus juste perception de moi, des autres et du monde.
  • Quand j’apprends à me connaître, me comprendre, m’accepter, à m’apprécier aussi, sans sévérité ni complaisance excessive.
  • Quand je sais m’intérioriser et m’entendre, reconnaître mes désirs et mes besoins…
  • Quand je respecte et fais respecter mes particularités personnelles sans heurts avec la réalité qui est normative.
  • Quand je demande la juste reconnaissance de mon travail et de ma personne.
  • Quand je tiens mes engagements et suis digne de confiance.
  • Quand je réfléchis, m’exprime et agis de manière congruente.
  • Quand j’entretiens avec les autres des relations chaleureuses et bienveillantes.
  • Quand je mène la vie que j’ai choisi de vivre.
  • Et, surtout, quand je prends la responsabilité qui me revient dans chaque situation que j’expéri-
    mente.

Pour gagner en maturité, j’ai pris conscience que je devais faire un retour sur moi pour découvrir mes motivations profondes, apaiser des ressentiments anciens, apprendre à mieux maîtriser mes émotions, accepter mes zones d’ombres comme mes talents, et coopérer avec les autres qui sont une source d’inspiration sans pareille.

Et cette évolution vers une posture toujours plus adulte, je compte bien la faire en considérant ce chemin non comme une contrainte, mais plutôt comme une opportunité, une opportunité de découverte, d’expérience, de manifestation de ma vitalité, de création de liens plus profonds avec ceux qui m’entourent : une marche vers toujours plus de joie !

Sylvie Baille

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