Métamorphose du regard

Quel regard est-ce que je porte sur les choses ?

Lorsque je concentre mon attention et mon énergie à ruminer mon passé, mes insuffisances, mes
plans sur la comète, ou l’éternelle impuissance des autres à me satisfaire, je ne suis pas disponible à
ce qui se passe ici et maintenant : ce discours intérieur agit comme un filtre à travers lequel je ne perçois
plus de la réalité la réalité qu’une image déformée, partiale et partielle.

Ainsi, j’alimente mes croyances en « preuves », preuves qui ne sont que des distorsions de la réalité,
des approximations : je juge le réel pour avoir l’illusion de le contrôler.

Et si la rencontre de l’autre m’inquiète, je vais m’empresser de l’évaluer tout aussi arbitrairement,
selon des critères plus ou moins fondés, des grilles d’interprétation diverses et variées. « Tu es comme
ceci, tu es cela » : voilà que je prétends détenir un savoir sur cette personne, alors que je ne fais que
m’en défendre et, aussi, tenter de lui en imposer.

Ainsi je n’accueille que rarement ce qu’il y a d’infiniment neuf dans chaque expérience, d’infiniment
original dans chaque personne, tout occupée que je suis à me protéger du réel, en le pré-jugeant, en
n’y soulignant que ce qui m’y insatisfait ou qui exalte ma pseudo-supériorité…
Mais alors, que contenait ce présent qui m’a échappé ? Est-ce que je tiens vraiment à vivre ainsi dans
du pré-conçu, du pré-dit, du pré-contraint, du pré-déterminé ? Laisser gagner la peur ?

Comment changer de regard ?

Une des portes du changement, c’est de consentir à apprivoiser sa prorep histoire, à comprendre
comment nous avons construit le système de croyances avec lequel nous filtrons le réel.

Une deuxième porte est celle d’apprendre à maîtriser suffisamment ses émotions pour regarder,
entendre et ressentir ce qui se passe là, avec le moins de brouillage possible. Revenir aux faits, les
examiner, les organiser, c’est se donner au moins une certaine prise sur les choses.

Alors, « Je ne peux pas parce que… » devient « Qu’est-ce que je peux ici et maintenant ? » ; « Je ne dois
pas parce que… » ou « Il ne faut pas parce que… » deviennent « Qu’est-ce qui m’en empêche ? » ; « Tu
es ceci ou cela » est devenu « Qui es-tu ? Explique-moi.»

L’évolution possible

Se discipliner à cesser le ressassement permet d’être plus ouvert à ce qui se passe ici et maintenant.
Les expériences que nous avons vécues ne résument pas notre potentiel qui reste encore en grande
partie inconnu et inexploité. Ce que nous avons été, ce que nous avons vécu hier dans des circonstances
ponctuelles, ne suffit pas à définir, et à déterminer, la personne que nous devenons, celle qui
fait, qui désire et qui vit dans ce monde qui se transforme.

Nous sommes un système qui sans cesse se renouvelle, qui sans cesse révise ses comportements
pour les adapter aux contraintes des circonstances, qui reconstruit des stratégies pour les rendre toujours
plus efficaces et élégantes, qui re-questionne ses pensées, les confronte, qui teste ses valeurs,
qui est une conscience et une capacité d’action en mouvement, et qui prend le beau risque de l’évolution
continue.

Transmettre l’expérience

C’est dans cette dynamique évolutive que j’accompagne mon client en tant que coach et formatrice.
Je l’accompagne pour qu’il retrouve l’expérience positive et les talents développés tout au long de son
histoire de vie. Je lui propose de faire de ses jugements, de ses interprétations, des hypothèses à valider
ou à infirmer en les testant. Je l’invite à regarder d’un autre oeil sa réalité, en prenant du recul ou
en allant y voir de très près, en confrontant sa vision des choses à d’autres regards.

André Malraux disait que « la métamorphose du passé commence par la métamorphose du regard »,
c’est à une métamorphose du regard qu’invite le coach. Ce travail, parmi les pistes d’accompagnement
possibles qu’il offre, a un puissant effet de recentrement sur la puissance personnelle de chacun,
sur l’estime de soi et la confiance en son potentiel, et dans celui d’autrui. Il permet à la personne qui
s’engage dans ce processus d’élargir ses zones de confort, de gagner en autonomie, en maturité, et
d’ajouter de la qualité à sa vie.

Bonne route à vous !

Sylvie Baille